Selah

3 septembre 2026 · Psaume 131

Éternel ! je n'ai ni un cœur qui s'enfle, ni des regards hautains ; je ne m'occupe pas de choses trop grandes et trop relevées pour moi. Loin de là, j'ai l'âme calme et tranquille, comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère ; j'ai l'âme comme un enfant sevré.

Psaume 131,1–2 (Louis Segond 1910)

Trop grand pour moi

Un nourrisson affamé, c'est des poings serrés et une bouche qui cherche partout — une petite machine à se faire nourrir. Un enfant sevré, sur les mêmes genoux, est une autre créature : deux ans, les pleurs finis, la joue contre la clavicule, lourd et chaud. Les genoux n'ont pas changé. C'est l'enfant qui a changé. Il a cessé d'exiger, et il est resté quand même. Le sevrage, vu de son côté, n'a rien eu de doux. Il y a eu des protestations. C'est fini maintenant.

Tout le psaume est là. Celui qui l'écrit ne prétend pas détenir des réponses. Il dit le contraire : certaines choses sont trop grandes pour moi, et j'ai arrêté d'y travailler. Non qu'elles se soient résolues — il les a posées. « J'ai l'âme calme et tranquille. » En hébreu, c'est un verbe : il a calmé son âme, exprès, sans doute plus d'une fois.

Tu portes des questions qui ne se ferment pas. Savoir si tu as bien choisi. Savoir si la personne que tu as perdue existe encore quelque part. Tu peux les ressasser ce soir, ou être l'enfant plus grand : toujours tout près du mystère, sans plus exiger qu'il te nourrisse à heure fixe. Le calme n'est pas la récompense de celui qui a tout compris. C'est ce qui devient possible le jour où tu admets que tu ne comprendras pas tout.

Une question

Quelle question pourrais-tu déposer, juste pour aujourd'hui ?

Une prière

Si quelque chose de plus grand que moi porte tout ça, alors ce n'est pas à moi de le porter.