Oui, mon âme, confie-toi en Dieu ! Car de lui vient mon espérance. Oui, c'est lui qui est mon rocher et mon salut, ma haute retraite : je ne chancellerai pas.
Psaume 62,6–7 (Louis Segond 1910)
Hall des arrivées
Personne ne fait rien dans un hall des arrivées. Les gens restent debout, les yeux sur les portes coulissantes, un café qui refroidit dans la main. Selon tous les indicateurs de productivité, c'est du temps perdu. Pourtant personne, là-bas, ne dirait que ce temps est vide. Cette attente a un visage de l'autre côté des portes.
C'est le silence du Psaume 62. Sous le « confie-toi » de la traduction, le mot hébreu dit : tais-toi devant lui, tiens-toi tranquille. Celui qui écrit ne cherche pas à se vider la tête ni à courir après le calme. Son silence est orienté. Il a une adresse. Il se tait comme on se tait devant ces portes — parce que parler serait à côté du sujet, et parce que quelqu'un arrive.
Nous traitons presque tous le silence comme un trou dans le signal : casque sur les oreilles pour marcher, téléphone sorti dans la file, tout sauf le bourdonnement de notre propre tête. Peut-être parce que notre silence ne regarde rien, et qu'un silence qui ne regarde rien donne la sensation de tomber. Essaie donc aujourd'hui un moment de silence tourné quelque part. Tu n'as pas besoin d'être certain que quelqu'un franchira les portes. Ceux du hall des arrivées non plus — les vols sont retardés, les plans changent. Ils restent quand même. Attendre, c'est juste de l'espoir qui se tient immobile.
Vers quoi ton silence est-il tourné ?
S'il y a quelqu'un de l'autre côté de ce silence, je veux bien attendre.